« Eau secoue la pluie des toits
Celle des châteaux du lierre
C’était vert l’eau bouillonnait.
Ce furent des draperies
Tige antique garnison
Cœurs cachés des Mélusines
Sous de feutrées floraisons.
Jamais étoile du berger
Ne montra du si féerique
Il n’était plus soir ni jour.
Au long battant à la longue aile
Terrifiant. »
Valentine Penrose, “Gilles de Rais”, in Les Magies, 1972
Au début des années 1960, la romancière, poétesse et artiste surréaliste française Valentine Penrose, fascinée par les meurtres en série et les personnages sanglants de l’histoire, tels que Gilles de Rais ou la comtesse hongroise d’Erzsébet Báthory. Plongeant dans l’âme obscure et possédée de cette dernière, elle explore la démence et la cruauté de Báthory, entourée de ses complices sorcières, et dévoile l’horreur fascinante de son destin. Un peu à la manière des écrits percutants de Valentine Penrose, la pratique artistique de Sanam Khatibi, qui rassemble peintures, broderies, tapisseries, sculptures, objets et installations, oscille entre une fascination pour la violence humaine et le funèbre, et une représentation flamboyante d’une nature idyllique à la lumière douce et à la végétation luxuriante. Ses œuvres abordent les thèmes de l’animalité et des instincts primaires, et elle nous entraîne à la frontière ténue entre la peur et l’attrait, le chaos et la séduction.